EXPOSITION PHOTOGRAPHIQUE

Le Service culturel de la Ville de Bressuire a accueilli le photographe bressuirais César Fuseau en résidence d'octobre 2020 à juin 2021 afin de réaliser une exposition qui est présentée au Château de Bressuire durant tout l'été.

Carte blanche

Lors de cette résidence, la Ville lui a donné une carte blanche où le jeune photographe pose "Un Regard sur Bressuire...".

Cette exposition est la première exposition personnelle de César Fuseau. La ville souhaite lui apporter son soutien en lui offrant une belle vitrine pour présenter son travail.

 

Où et quand voir l'expo ?

L'exposition est visible au Château de Bressuire : 

  • Du 3 juillet au 29 août : du mardi au dimanche de 14h30 à 18h30
  • Du 4 au 19 septembre : les samedis et dimanches de 14h30 à 18h30

 

Rencontre avec César Fuseau, ce passionné de photos

Titulaire d’un BTS Design Graphique et d’une licence en arts plastiques à la Sorbonne, César Fuseau est actuellement assistant d’éducation au Lycée Maurice Genevoix à Bressuire. Il passe tout son temps libre à réaliser des projets artistiques autour de la photographie, du dessin et de la peinture.

César, comment as-tu découvert ta passion pour la photo, l’illustration, l’art en général ?

Ma passion pour l’art a toujours été là et je pense que tout le monde est réceptif à l’art, car il est présent tout autour de nous. Pour ma part, j’ai toujours aimé dessiner, comme beaucoup d’enfants. Seulement, à partir d’un moment, certains décident d’arrêter et d’autres continuent.  Et de fil en aiguille, à force de dessiner, les techniques s’améliorent, le rendu est plus propre et la satisfaction est encore plus forte. Un de mes grands-pères, que je n’ai pas connu, dessinait et peignait aussi. J’ai peut-être inconsciemment voulu lui rendre hommage. Par ailleurs, étant un jeune ado timide, l’art est un bon moyen de communication  non verbal. Le fait de créer, d’imager mes pensées et mes émotions me permet de me libérer l’esprit car j’ai souvent la tête remplie d’idées, d’histoires et de mots. Lorsque l’on crée, on se déconnecte de la réalité qui nous entoure, on rentre dans une sorte de transe qui nous libère de tous nos problèmes quotidiens. Tout ça pour dire que je n’ai jamais vraiment découvert ma passion, mais elle est plutôt venue naturellement à moi parce que j’en avais le besoin. Pour ce qui est de la  photographie à proprement parler, j’ai commencé à faire de la photo, il y a peut-être 3 ou 4 ans. C’est un outil qui m’avait toujours intéressé depuis tout petit et j’avais envie de me diversifier dans mes pratiques artistiques. J’aime vraiment découvrir de nouvelles choses et toucher à tout. Ce qui m’intéresse dans la pratique de la photo, c’est sa rapidité d’exécution et sa facilité de création. Avec une seule action, avec une seule pression, il est possible de créer une image.

Quelles sont tes inspirations ?

Je m’inspire généralement de tout ce que je vois et je ne me limite pas à la photographie. Mes sources d’inspiration sont diverses et peuvent se retrouver dans des domaines différents. Je suis passionné par le cinéma et je m’inspire donc de certaines compositions d’image et de lumière. Pour la photo, je m’inspire principalement des photoreporters, de photographes de rue et des photographe humanistes. Mes références sont Willy Ronis et Henri Cartier-Bresson. Ce sont des photographes parisiens qui ont réalisé des photos à l’argentique et en noir et blanc
de gens dans les rues des villes qu’ils ont traversées.

Comptes-tu en faire ton métier ?

Je serais très heureux de faire de la photographie mon métier, je pourrais mélanger ma passion avec mon travail. Malheureusement, le monde de la photographie est très fermé. Beaucoup de photographes professionnels ne peuvent pas vivre de cette activité et doivent la conjuguer à un autre travail. En plus de ça, ce qui m’intéresse dans la photographie, c’est la liberté artistique et vivre de mes propres photos, mais c’est une des pratiques les plus compliquées à réaliser si on veut en faire son unique métier. Il est donc très difficile de percer, mais je vais continuer et peut-être qu’un jour, je pourrais y arriver.

Tu fais de la photographie de rue, es-tu à l’aise pour prendre en photo des personnes que tu ne connais pas ?

Au début, je n’étais pas vraiment à l’aise avec ça. Lorsque l’on prend en photo des instants de vie, on doit s’immiscer en partie dans l’intimité des personnes photographiées. Il y a beaucoup de réactions différentes en fonction des personnes que l’on va photographier. Certaines personnes ne vont pas du tout être réceptives et d’autres vont se prendre au jeu ou être amusées. J’essaie d’être assez discret quand je réalise les photos pour ne pas trop déranger et importuner les personnes. Quand je vois que la personne m’a remarqué et que ma prise de photo la dérange, je ne préfère pas insister. Je pense que c’est surtout une habitude à prendre. Il y a de bonnes ou de mauvaises réactions. Cela amène également à des rencontres ou bien à des échanges.

Transmets-tu un message dans tes oeuvres ou photographies ? Si oui, lequel ?

Lorsque je fais de la photo de rue, je ne réfléchis pas vraiment à transmettre une idée. C’est instinctif, je me balade et je m’arrête lorsque je trouve les lieux, la scène, l’action intéressants. Il est difficile d’anticiper un potentiel message car il y a beaucoup de hasard dans mes photos
de rue. J’essaie juste de retranscrire les émotions que je perçois. En fonction de mon état d’esprit, les photos pourront être joyeuses ou plus tristes. J’essaie de montrer de la beauté dans la banalité de la vie. Mais, d’une manière générale, je ne suis pas une personne à l’aise socialement et je pense toujours au passé, ce qui fait que mes photos sont principalement en noir et blanc. Ce n’est pas un hasard…

Comment se compose ton travail pour l’exposition au Château de Bressuire ?

Pour cette exposition au Château de Bressuire,la Ville m’a donné carte blanche, c’est-à-dire que je pouvais laisser libre court à mon imagination et à mes envies pour le choix de mes photos, à condition que les photos soient réalisées à Bressuire ou dans le bocage bressuirais. Je suis resté dans ce que j’aime faire en photo, c’est-à-dire de la photo de rue et des portraits, le tout en noir et blanc. Les photos présentent les habitants de Bressuire dans leur vie quotidienne, ainsi que certains paysages ou certaines architectures que j’ai rencontrés dans mes longues marches. J’ai essayé de prendre Bressuire sous un angle nouveau, différent de celui que j’ai l’habitude de voir en tant que Bressuirais. Mon but était de redécouvrir Bressuire avec une vision différente de celle que j’avais depuis tout petit, de voir la ville et ses habitants comme si je les voyais pour la première fois. J’ai voulu aussi mettre en avant les habitants en réalisant de nombreux portraits de Bressuirais de tout âge dans des cadrages assez serrés, tout en essayant de faire ressortir un sentiment ou une émotion.

 

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